|
|
Des "fragments" de textes ou "citations" à relire quand on veut ...
|
|
"Quelqu'un voudrait crier après la mort
Et la déchirer, scandale ! et son théâtre !
Alors qu'évidemment
Elle est là, quotidienne et qui donne la main."
"Quand je vais dormir je pense à toi
A quelques autres prénoms.
Ca fait pleurer ou ça fait du bien, je crois
Que je voudrais mourir en dormant.
Mais c'est tellement sans importance."
"Un mort qu'on se rappelle, est-ce que c'est pareil
Que penser à des vivants ?"
"Parler de son coeur (ou du mien, du vôtre)
C'est justement parler de la mort : de rien."
"Te nommer pourtant dans ce théâtre des mots
C'est peut-être toucher à ton dernier geste. Donne-moi la main."
"Parle de mourir et d'aimer pour un dernier mouvement d'écriture :
Quelque chose va quand même s'écrouler,
Dans le silence ou n'importe quoi, voilà
Chacun s'en va vie quotidienne partout.
Les mots ne sont qu'un bruit de plaisir vivant.
Mais le verbe, aimer ? T'entendre et te parler encore dans ce bruit futile du temps.
T'entendre ? "
du recueil "La petite fille silencieuse" de James Sacré
|
"Socrate décrivait la caverne où nous voyons défiler la réalité comme un théâtre d'ombres. Je pense souvent à cette image de la caverne. Elle me paraît juste à bien des égards. Les hommes y sont assis, le dos tourné à l'ouverture.
La lumière du soleil projette les ombres des passants sur le mur du fond. C'est ainsi, selon Socrate, que l'on se connaît les uns les autres. Nous sommes les ombres les uns pour les autres. Pis encore ? Nous n'arrivons pas à traverser, pour mieux la connaître, l'ombre que nous sommes le plus souvent pour nous-mêmes.
Il faut savoir tirer vers la lumière ce que l'on porte en soi d'excellent.
Combien de fois ai-je dit autour de moi et notamment à mes élèves : "Sois toi-même! Fais sortir de toi tout ce qui tu as de beau !" ".
Du recueil "Mon testament spirituel" de Soeur Emmanuelle
|
"Merci: Pour un mot, un sourire, un service qui veut tout dire; un fruit, une pensée, offerts simplement sans attendre de remerciements; un regard toujours accueillant qui ouvre la porte gentiment ..." C. SERGERA
|
"De mon vivant, avec mes yeux de chair, j'ai vu des femmes et des hommes devenir "autres" sous mes yeux. Cette métamorphose, je l'ai observée sur tous les continents, en tout pays. Elle dépasse les identités nationales ou religieuses. Le tout petit enfant a un pouvoir extraordinaire de faire effleurer ce que nous portons en nous de tendresse. Sa présence illumine en nous la tendresse. Sa présence illumine le visage des adultes penchés sur lui."
"Aimer, c'est entrer dès à présent dans les éternités des éternités."
"Un Français sur quatre est déprimé au point de devoir se soigner. Je comprends ce désespoir et j'en ressens toute la portée à travers le courrier qui m'est adressé. Pourtant, à mon sens, la dépression ne peut être qu'une étape. Ell doit nous permettre de comprendre que le découragement et la tristesse sont contraires à la vie et à la vérité de l'être. Nous sommes faits pour tomber par terre, et toujours, dans la lutte, nous grandir pour finir par nous relever."
"Quels sont la femme, l'enfant, l'homme, le vieillard qui n'ont pas un besoin extraordinaire d'aimer et d'être aimés ?
"Selon la parole de Shabistari, si l'on fend le coeur de l'homme, on y trouve un soleil."
"Nous sommes attirés par une voie qui nous correspond. Créer les conditions du bonheur consiste à savoir ce qui nous porte vers telle situation de la vie. C'est ainsi que notre être va s'épanouir."
"Quand nous aimons, nous aimons avec notre corps. Nous aimons caresser, avec nos lèvres embrasser un enfant. L'amour nous fait marcher. L'amour nous fait courir. L'amour passe à travers nos pieds, nos mains, notre corps tout entier. Le corps y participe, cela fait un."
"En voyant comme la belle écume sur la mer s'était soudain transformée en eau salée et amère, j'ai su une fois pour toutes que les choses de la terre nous coulent entre les doigts. J'éprouvais une déception intense après chaque satisfaction. Par exemple, comme j'habitais Bruxelles, aller à Paris était une fête. Je m'amusais mais je rentrais déçue."
Mon testament spirituel de Soeur Emmanuelle
|
"Le sérieux de la vie ne fait pas de doute, simplement j'en mets trop, trop de tension et pas assez de compréhension pour les autres."
"Je te demande si les morts nous surveillent; tu réponds qu'ils nous survivent."
"L'homme de tempérament mélancolique se soucie peu du jugement des autres, de ce qu'ils tiennent pour bon ou pour vrai, il s'appuie à cet égard simplement sur son propre avis. L'amitié est sublime et par la suite faite pour sa sensibilité. Il peut perdre peut-être un ami changeant, mais celui-ci ne le perd pas aussitôt. Même le souvenir de l'amitié éteinte lui paraît encore respectable. "
"Sous réserve" d'Hélène Frappat
|
"Je rêve aux étés qui demeurent toujours." Arthur Rimbaud
"Il est des rencontres qui s'inventent au jour le jour, pour transformer chaque instant en parcelle d'éternité."
"Certains mots nous mettent en état de grâce, des mots qui nous permettent de retrouver la verticalité, des mots qui nous font respirer et nous rendent plus beaux."
Jacques Salomé
"On ne meurt de rien, déclare la voix coupante de Marthe, et surtout pas de chagrin !
Personne ne meurt de chagrin !
Ainsi, tenez, Claudine ... Tout le monde s'est dit au moment de la mort de Renaud : "Elle va en claquer, pour sûr !" Et, Dieu, merci, elle n'en a rien fait : elle a trop de bon sens au fond, trop de goût à vivre ..."."
La retraite sentimentale" de Colette
"Comprenez que tout ce qui surgit peut-être transformé grâce à votre imagination.
Imaginez votre environnement comme autant de magnifiques demeures dans un paysage serein.
Regardez les êtres comme ayant tous une essence d'empathie et de sagesse.
Les racines de votre propre bonheur et de votre bien-être proviennent d'un esprit paisible et discipliné."
"La mer est calme. On a l'impression que le monde vient de commencer."
|
Savoir détecter la petite étincelle qui illumine le regard de ses enfants, de ses proches, ces moments là les mettre dans un coin de son coeur et se dire que pour cela, c'est bien d'être là.
|
"On peut guérir d'un coup d'épée mais pas d'un coup de langue" Proverbe chinois
|
Les mots sont des armes qui désarment surtout quand ils sont trempés dans une potion magique qui mélange l'humour et la manipulation des émotions.
|
Etre et penser
"Je pense, donc je suis." Descartes
"Je est un autre." Rimbaud
"Parfois, je pense, et parfois je suis." Paul Valéry
"Je suis où je ne pense pas, je pense où je ne suis pas." Jacques Lacan
"Cette énergie sublime qui fait faire les choses extraordinaires." Stendhal
"La vraie patrie est celle où l'on rencontre le plus de gens qui vous ressemblent" Stendhal
"L'inconscient correspond à la découverte du caractère partagé de l'être humain. Ce que nous voulons, remarquait déjà Saint-Augustin, nous ne le voulons jamais d'une volonté totale. Même nos projets les plus chers, ceux dont nous croyons que leur réalisation nous rendra heureux, traînent après eux une suite d'objections et de restrictions."
Feud
"Un désir qui naît de la joie est plus fort qu'un désir qui naît de la tristesse." Spinoza
"La satisfaction intérieure est ce que nous pouvons espérer de plus grand." Spinoza
"La peur d'autrui détruit. Quand je suis avec les autres, j'ai peur, et quand je suis seul, je déprime..."
"La timidité a été le fléau de ma vie" Montesquieu
"Du courage, je n'en ai guère, mais j'agis comme si j'en avais, ce qui revient peut-être au même" Gustave Flaubert
"Je restais là figé, impuissant, frissonnant, conscient pour la première fois d'avoir été frappé non par de simples angoisses, mais par un malaise grave ..." William Styron
"Je ne veux pas accéder à l'immortalité par mon oeuvre, je veux y accéder en ne mourant pas." Woody Allen
"Quiconque veut vraiment devenir philosophe devra une fois dans sa vie se replier sur soi-même et, au dedans de soi, tenter de renverser toutes les sciences admises jusqu'ici et tenter de les reconstruire". Edmud Husserl
"On m'estime, mais on ne m'aime pas." Stendhal
"Les mois qui passent sont bien plus durs que les premiers jours. L'héroïsme, c'est la vie quotidienne.(...) Mon état se situe en dehors des notions de bonheur ou de malheur, et puis je tombe dans un marais et c'est épouvantable. J'essaie de gagner l'heure suivante, seulement cela." Anne Philipe
|
Extraits de textes du livre "Un singulier regard" de Fernando PESSOA (1888 - 1935) qui traduisent le mal-être des convalescents que nous sommes.
"La quête incessante du moi et la hantise de sa perte, l'horreur de vivre, une angoisse irrémédiable et une solitude profonde.
Vivre son adolescence, c'est s'aventuer seul, sans pilote, sur une mer démontée. C'est découvrir en soi avec une horreur fascinée, mille et une tendances que l'on refuse avec violence, c'est se trouver au bord d'un océan où vous attendent tous les abîmes et toutes les errances; c'est se trouver confronté aux forces effrayantes d'un état neuf qui n'a pas encore pris sa mesure.
L'artiste se doit de naître aussi beau qu'élégant; car celui qui adore la beauté ne peut en être lui-même dépourvu.
Je suis las de me confier à moi-même, de me lamenter en versant sur moi-même des larmes apitoyées. Dans ma famille, je ne trouve aucune compréhension pour mon état d'esprit, non aucune. On rit de moi, on se moque, on ne me croit pas; on dit que j'ai envie d'être quelqu'un d'extraordinaire, mais on ne fait rien pour analyser cette envie d'être extraordinaire. Personne ne comprend qu'entre être et se vouloir extraordinaire, toute la différence vient de la conscience qu'on a de cette envie. Je n'ai personne à qui me confier. Ma famille ne comprend rien. Je ne peux pas ennuyer mes amis avec ces choses là. D'ailleurs, je n'ai pas d'amis vraiment intimes, et même si j'en avais un au sens où le monde l'entend, ce ne serait pas, malgré tout, un ami intime au sens où moi je l'entends.
Je suis un timide, et je ne désire pas faire connaître mes angoisses aux autres. Un ami intime, c'est un de mes idéaux, un de mes rêves, mais un ami intime est quelque chose que je n'aurai jamais. Aucun tempéramment ne convient au mien; il n'est personne au monde qui me donne le plus léger signe de se rapprocher de ce dont je rêve chez un ami intime. Tant pis, n'en parlons plus.
Je me sens aussi seul qu'un bateau naufragé en mer. Et je suis vraiment un naufragé ! Alors je me confie à moi-même.
Ne te moque de personne, ne ridiculise jamais personne, pas même dans le secret de ton coeur. La vie humaine est trop triste et trop sérieuse pour qu'on en rie. Ris avec les enfants des choses simples qui les amusent, mais ne ris de rien d'autre. Si je pouvais donner corps à mes pensées et leur donner vie, elles ajouteraient un nouvel éclat aux étoiles, une beauté nouvelle au monde et un plus grand amour au coeur des hommes.
J'enrage. Je voudrais tout comprendre, tout savoir, tout accomplir, tout jouir, tout souffrir.
Mais de cela, rien, rien. Je reste anéanti par l'idée de ce que je voudrais avoir, pouvoir, sentir. Ma vie est un rêve immense. Je ne peux m'empêcher de parler de la peur qui me tenaillait sans cesse. Ainsi, tout ce qui est mystérieux, tout en nourissant ma passion pour l'analyse et le mystère me fait tressaillir et trembler de peur.
Quoique j'ai été un lecteur avide et fervent, je ne me souviens d'aucun des livres que j'ai lus, toutes les lectures n'étaient que mes propres états d'esprit, des rêves, ou plutôt des incitations à rêver. Même le souvenir que je garde des évènements, des choses extérieures, reste vague, plutôt qu'incohérent. Je frémis en constatant combien il me reste peu de choses de ce qui a été ma vie passée.
Combien je voudrais m’acquitter, sans hésitations, ni angoisses, de cette mission subjective dont la réalisation, toujours retardée ou imparfaite, me torture sans cesse, et m’endormir tranquillement, n’importe où, à l’ombre d’un platane ou d’un cèdre, ou emportant dans mon âme, telle une parcelle du monde, entre le regret et l’aspiration, la conscience d’un devoir accompli. Mais ce je vois autour de moi, jour après jour, me désigne de nouveaux devoirs, de nouvelles responsabilités de mon esprit envers mon sens moral. C’est à chaque heure que surgit en moi, rageuse, la plume qui compose les satires. C’est à chaque heure que l’expression me fait défaut, que la volonté me manque. Heure par heure, je sens progresser la marche du temps. A chaque heure, je me vois les mains inertes et le regard navré, emportant vers la terre froide une âme qui n’a pas su chanter, un cœur déjà flétri, déjà mort et stagnant dans une aspiration indéfinie, avortée.
Je ne pleure même pas. Comment pleurer ? Les choses que nous aimons, les sentiments qui viennent les caresser, on les enferme à clé, sous le nom de « pudeur », dans le coffre-fort de notre cœur. L’éloquence les profane. L’art, en les révélant, les rapetisse et les avilit. Même notre regard ne doit rien en révéler. Vous avez certainement que le plus grand amour n’est pas celui qui exprime des mots tendres et purs. Ni celui que dit le regard, ou que transmet une main effleurant légèrement une autre main. C’est lorsque deux êtres se trouvent ensemble sans se regarder, ni se toucher, celui qui les enveloppe comme un nuage. Cet amour, ou ne doit ni le dire, ni le révéler. On ne doit pas en parler.
Les anciens navigateurs avaient une devise glorieuse. « Il est nécessaire de naviguer, mais non point de vivre ». L’esprit de cette phrase me convient tout à fait en la transformant cependant pour s’harmoniser avec ce que je suis. Vivre n’est pas nécessaire, ce qui l’est, c’est de créer.
Seigneur, toi qui es le ciel et la terre, et qui es la vie et la mort ! Le soleil, c’est toi, la lune, c’est toi et le vent, c’est encore toi ! Tu es nos corps et nos âmes, tu es notre amour aussi. Là où rien n’existe, tu habites, et là où tout existe se trouve ton peuple. Donne-moi vie pour te servir, et une âme pour t’aimer. Donne-moi la vue pour te voir sans cesse dans le ciel et sur la terre, des oreilles pour t’entendre dans la mer et dans le vent, et des mains pour travailler en ton nom. Bien souvent, je sens ma volonté si faible, mes projets si incertains, que je me dis: je vais abandonner toutes mes idées d’altruisme. Peut-être ne profiterai-je pas de la vie, mais au moins je ne me soucierai de plus rien, j’abandonnerai tout.
Derrière l’homme spirituel et relativement sociable, je suis l’artiste mort, et ne le suis pas réellement. Quand je vois ce que je voulais être, ce que je me suis cru pleinement capable d’être, et quand je constate aujourd’hui ce que je suis, irrémédiablement – une angoisse immense, comme si j’avais perdu mon âme, me monte à la tête.
Tout ce que j’ai aimé, tôt ou tard est venu me blesser. La vie, la vie toute entière, c’est une éternelle rumeur, et la mort, la mort tout entière, son éternel démenti.
Espoir, amour, illusion, foi anxieuse dans l’avenir, confiance tremblante dans le présent, tout cela cesse dans son objet et en soi-même. Passer, c’est se démentir. Il n’y a pour moi rien d’autre que la surface des choses – cette surface qui se forge dans les réalités. La vie est un mal qu’il faut savoir savourer.
Ceux qui souffrent et se consument veulent le repos ; ils ne veulent pas de cette horreur qu’est la prolongation d’une vie personnelle, cette moquerie illusoire, abominable, du crédo chrétien. Tous les hommes veulent le calme, le repos. Le repos, le calme sont donc la condition du bonheur. Hélas ! la matière est en perpétuel mouvement. Fuir sa personnalité ne donne pas le bonheur. La science de l’homme est grande, mais son ignorance est sans limites. Il scrute les cieux dont il ignore tout, approfondit les choses qu’il ne connaît pas, parle sans même savoir ce que sont les mots; il vit ainsi et meurt sans savoir ce qu’est la vie, ni ce qu’est la mort. Essaye d’être le plus sobre possible; que la sobriété du corps soit précédée par celle de l’esprit. Cultive la concentration, trempe ta volonté, fais de toi même une force en pensant, le plus intiment possible, que tu es réellement une force.
Apprends à agir rapidement dans les petites choses, ces choses triviales de la rue, de la maison ou du travail; n’admets aucun retard de ton propre fait.
Organise ta vie comme une œuvre littéraire, et mets en elle toute l’unité possible.
Je m’arrête parfois, subitement, entre la vie qui va et la vie qui vient; je stagne au bord de l’écoulement des choses. Et la stupeur de tout s’écroule sur ma tête. A d’autres moments, il semble que brusquement l’univers joue mal son rôle et trahisse ainsi son étrangeté, il semble soudain me parler d’une autre voix, me révéler, un bref instant, une autre nature. Comme un rideau soulevé par le vent et qui, en un éclair dévoile une parcelle irrévélée de quelque chose d’inconnu, d’inattendu.
J’ai froid à l’âme, je ne sais comment m’emmitoufler. Pour le froid de l’âme, il n’y a ni cape, ni manteau. Quand on a éprouvé cela, on ne l’oublie plus. Je suis de plus en plus seul, de plus en plus abandonné. Tous les liens se brisent, l’un après l’autre… Bientôt je me retrouverai absolument seul. Le pire, c’est que je ne peux jamais oublier ma présence métaphysique au monde. D’où une timidité transcendantale qui paralyse tous mes gestes, qui enlève à toutes mes phrases le sang de la simplicité, de l’émotion directe. Entre le monde et moi, un brouillard qui m’empêche de voir les choses telles qu’elles sont réellement – telles qu’elles sont pour les autres. Entre la vie et moi, une vitre.
Je ne rends visite à personne, ne rencontre personne. Agir autrement serait sacrifier mon unité intérieure, me livrer à des conversations inutiles, voler du temps, sinon à mes réflexions et à mes projets, du moins à mes rêves, toujours plus beaux que les discours des autres. Les étoiles scintillent au rythme de mes pas. Un geste de ma main me cache la lune pour un instant et me montre, en provoquant ma stupeur, tout ce qu’il signifie réellement. De ces pensées, familières et soumises à un examen quotidien, il s’en est suivi que mon instinct a fait naufrage au port.
Etre, pour moi, a toujours signifié oser; et vouloir a signifié se risquer. L’inertie m’a paru le comble de la sainteté, et le non-vouloir l’équivalent des bonnes mœurs.
Je me suis ainsi construit une morale bourgeoise de la pensée, une recherche construite de la commodité et de la décence, en entretenant soigneusement le mystère. Même quand je m’adonne au plaisir de les rêver, j’éprouve l’amertume de savoir que je les rêve. L’espace est le rêve auquel les hommes doivent se soumettre, mais ce rêve ne leur appartient pas.
Mon art consiste à instruire, et non à révéler. L’homme est plus faible quand il connaît l’avenir que lorsqu’il ne le connaît pas. L’homme est le masque d’une étoile, et l’âme est le visage de l’étoile. Le processus artistique consiste à rapporter cette impression fausse de telle sorte qu’elle paraisse absolument naturelle et véritable. La sincérité est le grand obstacle que l’artiste doit surmonter. Seule une longue discipline, un apprentissage conduisant à ne rien éprouver que de façon littéraire, peuvent mener l’esprit jusqu’à ce sommet.
Donne-moi la main, afin que je ne trébuche pas ; la lumière, afin que je ne sois pas aveugle ; et donne-moi la vie, afin que je ne sois pas mort. Découvre ce que tu es ; découvre ce que veut celui que tu es, fais ce que tu veux, tel que tu es. Sois tolérant, parce que tu n’as la certitude de rien. Ne juge personne, parce que tu ne vois pas les motifs, mais seulement les actes. Espère le meilleur et prépare toi au pire.
Entre la vie théorique et la vie pratique se trouve un abîme, sur lequel certains, plus individualisés, moins socialisés, forment une passerelle. Tout homme qui fonde quelque chose fonde, en fait, tout autre chose. L’homme ne réalise jamais que son propre rêve, dont l’ombre est projeté par la flamme mouvante de la vie. Il se projette, mais ce qui est projeté n’est que l’ombre difforme de son rêve, la dynamique de son imagination.
Rien ne nous cause un plus grand abattement qu’un espoir déçu ; cette ironie de l’âme envers elle-même, qui fait que, en raison de la vie, elle ne peut s’empêcher d’espérer et que, par sa connaissance même de la vie, elle ne peut, cependant, que se défier de l’espérance. Notre désir de vérité est immense, et il est certain que, plutôt que cette doctrine du seuil, nous voudrions la maison, et le foyer qu’elle abrite en son cœur. Le seul homme heureux est celui qui ne prend rien au sérieux. Plus on prend les choses à cœur, plus on est malheureux. Prendre à cœur le sort de l’humanité nous rend presque le plus malheureux des hommes… Presque, parce que prendre au sérieux le sort du monde de l’énigme de l’univers nous rend encore plus malheureux. La plus grande victoire d’un homme, c’est de se rendre compte que le ridicule est un trait qui n’existe qu’aux yeux des autres et qui, de plus, dépend de leur bon plaisir. Il cesse donc de se soucier du ridicule : puisque celui-ci ne trouve pas en lui, il ne peut le tuer. Il est trois choses que l’homme doit apprendre à mépriser afin de pouvoir jouir, dans un silence parfait, de sa propre supériorité : le ridicule, le travail et le dévouement. Comme il ne se dévoue à personne, il n’attend rien non plus du dévouement des autres. Sobre, chaste, frugal, touchant à la vie le moins possible – autant pour ne pas être dérangé que pour ne pas approcher trop les choses, au risque de détruire leur capacité à être rêvées - il s’isole par convenance de son orgueil et de son désenchantement. Il apprend à tout ressentir sans le faire directement, parce que cela reviendrait à se soumettre – se soumettre à l’action de la chose ressentie -.
La vie, dans son essence, est bien monotone. Le bonheur consiste donc à s’adapter, dans une mesure raisonnable, à la monotonie de la vie ; c’est, en somme vivre pleinement. Et vivre pleinement, c’est vivre heureux, s’adapter à la monotonie, c’est trouver que tout est toujours nouveau.
Tout notre art doit tendre à réduire au minimum l’élément douloureux des plaisirs, la fureur que nous voudrions mettre en eux, le désir qu’ils durent au-delà de ce qu’ils peuvent durer, l’inutile regret de ce qu’ils ont été …
Même si une montagne nous semble laide, il y aura toujours un coucher de soleil pour lui donner une auréole de beauté et d’étrangeté. Et quel soleil couchant va donc couvrir d’une pittoresque dorure un pauvre type qui s’échine pour gagner son pain quotidien au fin fond d’une usine ? Et quelle est la beauté de la souffrance d’un ouvrier. L’homme de génie est un simple dépositaire de son génie. Tout son effort doit tendre à l’utiliser, et se préparer à le faire. S’il ne le fait pas, ce sont des comptes fort graves qu’il devra rendre – à Dieu peut-être, je ne sais, mais en tout cas à son être futur -.
La création artistique est une preuve de force et de possession, la contemplation artistique est un plaisir tout de passivité. Et c’est toujours dans la beauté humaine, ou dans son rapport à elle, qu’il investira de préférence sons sens esthétique. Rêver, voilà qui répugne aux gens d’action, et pourtant ce sont eux qui ont tort. On n’a jamais tort si l’on n’agit pas. Les édifices qu’on ne construit pas ne tombent jamais en ruine. Les autres, comme moi, rêvent de l’œuvre réalisée et, comme ils rêvent, ils la rêvent parfaite. Certains l’ont réalisée ; d’autres non, comme moi ; pourtant le résultat de ce qui est fait ou non est le même, car dans l’un et l’autre cas, on voit l’imperfection de l’artisan qui, s’il a agi, a mal agi et qui, dans le cas contraire, se trouve, pour n’avoir pas agi, comme s’il existait pas.
Chacun de nous ne possède, pour tout bien en propre et absolument réel, que sa personnalité. Croître, c’est s’accroître. Connu ? Inconnu ? C’est secondaire. Qu’il ait, lui, la fierté d’avoir pris l’initiative. Qu’il ait le plaisir d’avoir fait ce que personne n’avait fait, et d’être passé là où personne n’était passé…
Quel que soit ton travail, mets dedans ta personnalité et tâche de lui imprimer quelque chose d’unique, de différent, quelque chose qui soit à toi. Sois original dans une chose ou une autre. Vis, sois un homme… Ne te laisse pas aller à être semblable aux autres, comme si tu étais né simple mouton. Ne fais pas cela pour briller. Fais-le pour te sentir un homme, fort, plein de vie et d’initiative. La vie entière consiste à franchir des montagnes, ou de franchir les gorges de montagnes vertigineuses. Il s’agit seulement de prendre l’initiative, de savoir faire ce que les autres n’ont jamais fait."
|
"Les racines de votre propre bonheur et de votre bien-être proviennent d'un esprit paisible et discipliné." Dalaî-Lama
"De même que la puissante chute d'eau d'une cascade
Ne peut remonter en arrière,
De même le mouvement d'une vie humaine
Est aussi irréversible." Bouddha
"La vie est une aspiration à la perfection, à l’accomplissement de soi. Il ne faut pas abaisser cet idéal à cause de nos faiblesses ou de nos imperfections." Gandhi
"Nous devons être le changement que nous voulons dans le monde" Gandhi
"Tout homme qui sait lire a le pouvoir de se dépasser, de multiplier les moyens par lesquels il existe, de faire en sorte que sa vie soit pleine de signification et d'intérêt. " Aldous Huxley
"Se libérer du connu, c’est mourir, et alors on vit." Krishnamurti
"Partout où joue une touche de couleur, une note d’un chant, une grâce de la forme, c’est un appel à notre amour." Rabindranath Tagore
"Grandir, c’est dépasser ce que vous êtes aujourd’hui. Prenez appui sur vous-même. N’imitez pas. Ne prétendez pas avoir atteint le but et n’essayez pas de brûler les étapes. Essayez seulement de grandir." Svami Prajnanpad
"L’homme ne se réduit pas aux émotions, ni à l’intellect, ni à l’action. L’homme est une totalité. L’intellect, les sentiments, l’action. Ces trois éléments, quand ils sont en harmonie font l’homme." Svami Prajnanpad
"Sois franc dans l’action, ne cherche jamais à paraître ce que tu n’es pas; car toute feinte met obstacle à la pure lumière de vérité qui doit traverser ton âme, comme le rayon de soleil traverse une vitre transparente." Alcyone
|
L’ermite tibétain Ratrul Rinpoché nous rappelle :
"Votre vie s’éloigne comme le soleil couchant,
la mort approche comme les ombres du soir,
comme le torrent qui court vers la mer,
comme le soleil et la lune qui glissent vers les monts du couchant,
comme les jours et les nuits, les heures, les instants qui s’enfuient,
la vie humaine s’écoule inexorablement."
"Effrayé par la mort, j’allais dans les montagnes,
à force de méditer sur son heure incertaine,
j’ai pris l’immortel bastion de l’Immuable.
A présent, ma peur de la mort est dépassée ! " Matthieu Ricard
|
Chacun garde au fond du cœur un souvenir qui ne veut pas mourir.
C’est un bruit de pas, le son d’une voix, un prénom ou un sourire.
Chacun garde au fond du cœur une étoile du bonheur. Auteur inconnu
"La vie est fragile, à l’image de la rosée délicatement suspendue aux herbes, en gouttes de cristal qu’emporte la première brise du matin." Dilgo Khyentsé Rimpotché
"Cet outil, notre corps n’est mis à notre disposition que pour une brève durée : cette vie." Dilgo Khyentsé Rimpotché
|
"Terrible ou pas, difficile ou pas, ce qu’il y a de beau, de noble, de religieux, de mystique, c’est d’être heureux." Arnaud Desjardins
"Il y a de la beauté à contempler le mouvement des saisons sur notre terre et une grâce intime à honorer les cycles de la vie." Jack Kornfield
"C’est notre esprit et lui seul qui nous enchaîne ou nous libère." Dilgo Khyentsé Rimpotché
"La force ne vient pas des capacités physiques, elle vient d’une volonté invincible." Gandhi
"Lorsque la retenue et la courtoisie s’ajoutent à la force, celle-ci devient irrésistible."
Gandhi
"Aimer, c’est comprendre et sentir que l’autre est différent." Svami Prajnanpad
"Si la personnalité manque d'amour, elle s'étiole et meurt." Sigmund Freud
|
"Ne cherche point à améliorer les autres par ton savoir. Améliore-toi toi-même, ensuite ta seule présence sera bénéfique à autri." Sri Aurobindo
|
|
|